baisse dramatique des ventes en boutiques Duty Free en Corée suite à l'embargo de la Chine

Malgré une énorme diminution des touristes chinois en Corée du Sud suite à l’embargo officiel de la Chine, les ventes des Duty-Free coréens ont connu 3 mois d’augmentations successives grâce (semblerait-il) aux daigous. Il s’agit de voyageurs chinois indépendants qui achètent en quantité pour ensuite revendre leurs produits en Chine. Cette activité est considérée comme illégale en Chine mais semble encore bien présente et prospère. Une situation complexe…Les daigous, une solution empoisonnée pour les Duty-Free coréens ?

 

 Les daigous achètent des produits indisponibles ou trops chers en Chine pour le compte de leurs clients chinois

 

Pourquoi l’économie coréenne souffre

La Chine a interdit les voyages des touristes en groupe vers la Corée en représailles de l’accord passé entre ce pays et les États-Unis pour l’implantation d’une base militaire de missiles défensifs (communément appelé THAAD).

Les tour operators et agences de tourisme chinoises ont supprimé toutes leurs offres relatives à la Corée du Sud. Depuis, le nombre de touristes chinois a drastiquement chuté et c’est toute l’économie qui s’en ressent car la Corée était l’une des destinations phare des shoppers chinois. Les touristes chinois représentaient 46,8 % des touristes du pays et 70 % des revenus des boutiques Duty-Free.

 

Interdiction de promouvoir la destination corée pour les agents de voyages chinois, un désastre économique pour la corée du sud et ses centres de duty free

Moins de touristes et moins de KOLs

Double peine pour la Corée qui voit aussi les influenceurs chinois refuser de travailler pour les marques coréennes.

Pour pallier cette chute de visiteurs, les marques ont sollicités les KOLs chinois pour promouvoir leurs produits et garder le lien avec les acheteurs. Mais ceux-ci ont refusé. Ils craignent que l’association avec des marques coréennes ne nuisent à leur image et fasse fuir leurs fans, tant les tensions sont grandes entre les deux pays.
Les commentaires sont édifiants et souvent très négatifs sur le compte Weibo du conglomérat coréen Lotte Duty Free : de nombreuses demandes de désinscription, des injonction à ne plus acheter, des commentaires négatifs répétés chaque jour… une vague de dénigrement et de propagande négative.

 

Les Daigous, une solution empoisonnée ?

Malgré cela, les chiffres donnés par l’Association coréenne des Duty-Free laissent apparaître une légère hausse des ventes de 8,8% en juillet 2017, soit 693 millions de dollars, contre 637 millions en 2016.
Comment expliquer alors que le nombre de touristes soit en baisse ? Une seule explication plausible pour les analystes : l’augmentation du nombre de daigous. Ils sont les seuls à pouvoir tirer parti de la situation en sollicitant leurs clients et en voyageant ensuite pour acheter en quantité les marchandises commandées par leurs réseaux.

 

Les DutyFree coréens et les marques de cosmétiques souffrent de la défection des touristes chinois qui représentaient parfois 2/3 des ventes

Des Duty-Free shops en position délicate

En difficulté commerciale suite au défaut de trafic, les Duty-Free ont déjà mis en place de fortes promotions et se voient obligés de donner des commissions aux daigous pour maintenir un tant soit peu leurs ventes.
Les commissions auraient fortement augmenté, voir doublé, pour atteindre les 30 %. C’est pour l’instant la seule alternative car les Duty-Free doivent maintenir un certain niveau de revenu, sans quoi certaines marques pourraient se retirer.
La situation de certains Duty-Free récemment ouverts est anormalement dépendante de ce marché parallèle qui représente parfois plus des deux tiers de leurs ventes. Même pour les acteurs majeurs comme les groupes Lotte et Shilla, les daigous représentent plus d’un tiers des ventes.

Les daigous profitent de la situation au point de rendre la situation malsaine d’après certains analystes. Ils dérégulent le marché en Corée et perturbent le marché chinois. Ils font pression sur les distributeurs qui sont obligés d’augmenter les commissions, et cela se répercute sur les marques car ils pèsent parfois très lourd sur leurs ventes.

C’est aussi une vraie préoccupation pour les marques, surtout de cosmétique, dont certaines savent que les daigous représentent plus de 50 % de leurs ventes.
Les KOLs pourraient être une alternative, mais ceux-ci ne veulent pas s’engager vu le risque politique. Ce qui laisse les daigous seuls en place et en position de force.

 

La situation crée des tensions, le secteur est durement touché et certains acteurs risquent de disparaître. Certaines marques envisagent de supprimer les commissions aux daigous sur leurs produits…. un électrochoc qui permettra peut-être d’assainir la situation… ?

Une situation de crise qui ne prendra fin qu’avec la levée de l’embargo commercial de la Chine …et le retour des groupes de touristes chinois…en espérant revenir à une situation plus saine.

 

 

Source : The Moodi Davitt Repot Asia Pacific– JingDaily- SinaWeibo
Article relayé et commenté par José Delbouille

 

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