Mieux connaître les différences culturelles Chine-France

Mieux connaître les différences culturelles Chine-France

Pour optimiser vos contacts avec vos interlocuteurs chinois, il est important de bien connaître les différences culturelles qui existent et influent sur la qualité et la réussite de vos relations commerciales.

Ces différents aspects ont été abordés lors d’une conférence organisée par la CCI de Paris * début 2016 et dont voici les grandes lignes, résumées par Estelle Peng Li, Consultante et Responsable Projet en charge du marché Chine chez Maxity.

 

Un pré-requis :
Il faut faire table rase de tous ses référents et de toutes “idées reçues“ et oublier tous ses éventuels préjugés pour optimiser la rencontre de ces deux cultures.

 

france-chine-3

1      Gestion du OUI et du NON 

• Les Chinois n’aiment pas dire NON, et très souvent le OUI est un NON déguisé.
• Un américain ou un européen, dit ce qu’il pense et il pense ce qu’il dit. Mais le Chinois ne dit pas ce qu’il pense et il pense ce qu’il n’a pas dit.
• Un OUI ou un NON ne sont jamais définitifs, ils sont conditionnés par le contexte. Il y a toujours une “porte ouverte” pour revenir vers l’interlocuteur avec un élément nouveau qui peut inverser sa décision.

 

1      Gestion du OUI et NON en entreprise

• La notion de la hiérarchie est très importante en Chine. C’est pourquoi lors de réunions de travail, pour les participants chinois, le OUI ne concerne pas le fond du dossier, ni les décisions, mais simplement le fait que OUI ils prennent bien note de ce qui est dit.

• Ensuite les décisions sur le dossier seront prises par un supérieur hiérarchique qui n’a pas assisté à la réunion, qui est donc coupé de tout le contexte, qui ne tient pas compte des facteurs relationnels ou humains, qui garde dès lors une grande distance par rapport à la réunion.

 

2      Vie privée & vie professionnelle :

• Il n’existe pas réellement de frontière, ni de séparation entre la vie privée et la vie professionnelle pour les Chinois. Cela tient au marché du travail en Chine qui est très compétitif, et qui nécessite une réactivité de tous les instants et une flexibilité totale. C’est pourquoi, lorsqu’un collaborateur Chinois fait appel à un collaborateur français en dehors des heures de travail ou le week-end, ce dernier doit y voir une marque de respect. Plus encore, le simple fait de s’adresser à lui et pas à un autre est la preuve de la confiance que lui accorde personnellement le collaborateur chinois dans sa capacité à traiter correctement sa demande.

• La notion de temps n’est pas du tout la même pour les Chinois et pour les Français/Européens. Cela est naturellement lié au développement du pays. La Chine doit “aller vite” pour rattraper son retard. Les Chinois travaillent donc jour et nuit

 

3      Efficacité :

Le concept d’efficacité en Chine est lié à l’action. Les Chinois sont très réactifs, souples dans leur fonctionnement et rapide dans l’exécution car ils préfèrent “apprendre en faisant”, quitte à se tromper et changer leur façon de faire.

En revanche, les Français ou les Européens vont préférer prendre le temps de la réflexion pour imaginer et essayer de trouver la meilleure solution, pour ensuite la mettre en œuvre une fois pour toute.

• La centralisation du pouvoir et des prises de décisions conditionnent la perception de l’efficacité : quand le résultat est obtenu en temps et en heure, l’efficacité est démontrée.
• Selon le type d’entreprise, étatique ou privée, le temps de décision est différent pour des raisons politiques ou sociales, mais c’est toujours le patron qui décide de tout.

 

4      Équipe interculturelle :

• La barrière de la langue est un vrai obstacle réciproque, même si le français est plus facile à apprendre que le chinois.
• Avoir un objectif commun est essentiel : c’est un facteur qui améliore considérablement le travail d’équipe.
• Mieux connaître la personnalité des individus travaillant en équipes permet alors d’établir une communication plus fluide, plus efficace pour aboutir à de meilleurs résultats.

 

 france-chine-4

5      La notion d’équilibre :

L’optimisme chinois : dans le mal, il y a du bien ; dans le bien, il y a du mal.
Il y a toujours un consensus, un compromis, un équilibre à trouver dans toute situation.

 

6      Le temps

• La planification sur le long terme est pratiquée par les deux pays et les deux cultures. En Chine, une fois que tout est planifié et validé, les projets sont mis en œuvre très vite et sans retour en arrière ni tergiversations.
• Pour être en phase entre collègues chinois et français, il est nécessaire de dialoguer et de trouver un terrain d’entente, une base commune de ce que représente le temps pour les uns et les autres.
• Concept du temps : pour les Chinois, l’espace du temps est ouvert – on ne sait jamais ce qui va nous arriver demain. Donc les Chinois programment rarement les choses dans un cadre très rigide mais laissent beaucoup de flexibilité dans leurs actions.

 

7      Les échanges : comment se comprendre l’un et l’autre ? Qui doit aller vers l’autre partie ?

• C’est plus facile pour les Chinois de parler le français, parce que la langue chinoise est beaucoup plus difficile que le français.
• Les étudiants chinois ont des cours au lycée pendant un semestre sur l’histoire européenne.
• De nombreux textes de la littérature française ont été traduits en chinois et intégrés dans les programmes officiels des lycées et des collèges. Ce n’est pas réciproque.

 

8      Comment motiver les salariés français dans une entreprise chinoise en France ?

• Par un système de bonus.
• Par “l’expérience acquise” : une expérience professionnelle réussie dans une entreprise chinoise en France permettra une meilleure valorisation de l’individu sur le marché du travail. De tels cursus sont recherchés car encore assez rares.

 

9      Contrat de travail

• Une formalité sans grande importance aux yeux des Chinois. D’ailleurs, le contenu du contrat, le descriptif de mission doit rester “large”, “ouvert”, afin de permettre à la personne de s’adapter à toutes les nouvelles opportunités.
• Ce qui est important pour le travailleur chinois, c’est la confiance et la relation personnelle avec l’employeur.

 

10  Comment une entreprise chinoise s’adapte-t-elle au monde ?

• L’entreprise chinoise a besoin d’une grande latitude d’action : pour la prise de décision et la mise en place des processus opérationnels.
• Pour l’entreprise chinoise, il ne faut pas avoir peur de faire des erreurs. Il faut oser et tester. Mais il faut absolument tirer les leçons et prendre le temps de réfléchir aux améliorations.
• Quand elle sort du marché chinois et qu’elle se confronte au marché mondial, l’entreprise chinoise doit prendre plus le temps pour la réflexion et tenir compte des différences culturelles car les consommateurs sont très différents. Elle devra forcément s’adapter comme les Européens s’adaptent en Chine. La notion de vitesse d’action devient moins cruciale.

 

 

*   Conférence organisée à la Bourse de commerce, CCI Paris Ile-de-France, avec la participations de Mme Emmanuelle FOULON, Mme Bin GAO, M. Alexandre HONG, Mme Liliane LU, Mme Lili MAO, M. Daniel QIAN, Mme Suyan ZHOU