Tourisme: La France, destination touristique compétitive ?

Tourisme: La France, destination touristique compétitive ?

A l’heure où notre pays cherche des solutions face aux problèmes économiques, il est temps de se concentrer sur un secteur en France qui génère du bénéfice et reste en croissance depuis plusieurs années.

Cette industrie, qui ne souffre pas de la crise et reste en balance positive, c’est le tourisme.

Avec un apport de 7.3 points au PIB de la France, le tourisme se classe devant la banque (3), la culture (4,2) et l’automobile (0,45). Pourtant l’État Français a longtemps négligé cette activité. Cette évolution est peut-être amorcée avec Fleur Pellerin et Laurent Fabius, cependant, les grandes entreprises du secteur ne les ont pas attendus. Le tourisme est un levier de croissance économique indéniable pour la France.

Depuis février, les patrons des plus grosses entreprises du tourisme français se sont regroupés au sein de l’alliance 46.2. Leur objectif : améliorer la compétitivité de la France. Nous avons tous entendu parler de la guerre entre Londres et Paris pour décrocher la première place des destinations mondiale en termes de fréquentation ! Ou bien les projets des États Unis de nous rafler cette première place !
Cette année, la France s’en sort de justesse, mais quid de l’avenir ? Combien de temps notre pays conservera sa place de leader, et surtout pourquoi le classement en termes de dépenses ne suit pas (3° après les États Unis et l’Espagne) malgré tout ce que notre pays peut offrir ?

Des différences culturelles à prendre en compte

L’explication se trouve à la terrasse d’un café parisien. Notre plus grosse lacune, l’accueil. Un simple « bonjour Madame » idéalement dans la langue du touriste, un sourire, voilà qui fait la différence. Quand l’Espagne travaille depuis des années à fidéliser ces touristes, la France, elle, reste persuadée que le voyageur est un consommateur « One Shot ». C’est là notre plus grande erreur.

Tout d’abord les touristes qui viennent en France sont majoritairement des repeaters. De plus, même s’ils ne viennent qu’une fois, ils vont partager leurs expériences de voyage via les réseaux sociaux, ou en direct, à travers le bouche-à-oreille. C’est le pouvoir prescripteur du touriste. En effet, la recommandation des proches se place dans le trio de tête des motivations, pour le choix final d’une destination ou d’une prestation touristique (hôtellerie etc.). Ne nions pas quelques initiatives, comme le « Do you speak tourist ? », un guide pour aider les commerçants à mieux appréhender les différences culturelles et donc les attentes des différentes nationalités présentes en France. Mais cela est-il suffisant ? De toute évidence les grands patrons du secteur ne sont pas convaincus puisqu’ils ont pris les devants. Seules quelques grandes marques et magasins (surtout du luxe), dont le chiffre d’affaires est parfois pour plus de la moitié liée à la consommation touristique, développent une stratégie de marketing touristique. La plupart des entreprises françaises considèrent le touriste comme une simple carte bancaire jetable. Un chiffre parle de lui-même pour prouver le potentiel des recettes liées au tourisme ; le panier moyen d’un touriste chinois en détaxe ; 1700€ par enseigne et par jour, cela laisse rêveur, non !?

Un autre grand chantier est soumis à des interrogations depuis des années, celui de l’accès des touristes à la ville de Paris, et ce sujet ne peut être plus à propos qu’après un mois de juin marqué par des grèves, rendant le RER B impraticable, tout comme le périphérique, bloqué par les taxis en guerre depuis des mois contre les VTC (pourtant un moyen idéal pour les touristes de se rendre dans Paris à moindre coût).

Quelle image la France et surtout le Français peuvent laisser aux étrangers ?

Bien sûr, il porte le béret, et se déplace constamment avec un verre de vin et une baguette… Mais surtout le Français est un râleur, mal aimable, peu disposé à s’arrêter dans la rue pour indiquer son chemin à un pauvre voyageur perdu, et surtout pas en anglais, nous parlons la langue de Molière tout de même ! Comment ne pas réagir devant « le syndrome du Japonais à Paris », ces touristes qui ont rêvé toute leur vie de venir en France et qui face à la réalité se trouvent tellement déstabilisés qu’il faut les rapatrier au Japon. Il ne faut pas généraliser, direz-vous, mais ne sommes-nous pas au quotidien, témoins ou victimes de cette animosité Franco-parisienne ?

Partout ailleurs dans le monde, des destinations touristiques sont conscientes de l’importance de cette activité pour l’économie ; la Grèce, le Maroc, la Thaïlande, les États Unis. Aux quatre coins de la planète, on reconnaît le potentiel du secteur dans l’économie et les emplois (1,2 millions de salariés dans l’industrie touristique Française et un potentiel de 400 000 nouveaux emplois). La France, elle, reste sur ses acquis. Il est temps d’agir et non plus de subir. Misons sur une des rares industries françaises qui va bien et qui a encore beaucoup à offrir.